Il a à nouveau frappé dans le coeur des gens. D'abord à Zurich et à Lausanne, lors d'Art on Ice, accompagné par Antonio Najarro, formidable chorégraphe dansant sur un podium au milieu de la glace. Puis à Davos surtout, vendredi et samedi dernier. Là, Stéphane Lambiel était seul, sublime sur ce tango d'Astor Piazzolla, qui devait être son programme long cette saison. Il a été parfait, costaud, heureux, comme si sa blessure aux adducteurs guérissait un peu. Il fut si présent dans son occupation de l'espace, dans sa gestuelle, si appliqué au plan artistique qu'il a touché les gens, qui ont eu des frissons et de l'émotion mouillée dans les yeux.
Une étincelle avait disparu. La revoilà, après deux ans d'absence, se détachant d'un corps à nouveau expressif, chaleureux, aux sentiments vifs de joie. A Davos, Stéphane Lambiel était très entouré. Il s'est laissé aller à une confidence de poids, qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Il a dit: «Et si j'allais aux Mondiaux de Los Angeles en mars? Il faut qu'on garde nos deux places aux JO de Vancouver l'an prochain.» Ces paroles nous ont été rapportées, mais chut! se sont empressées d'ajouter ces personnes proches de l'entourage du Valaisan et très au courant des affaires du patinage.
Un retour largement à sa portée
Un retour de Stéphane Lambiel est-il envisageable? «Oui mais», dit Cédric Monod, qui a entraîné l'artiste valaisan à Lausanne il y a quelques années, et consultant à la TSR. «Stéphane est une personne qui fonctionne au moral. Le fait d'avoir pu se produire à la maison pour Art on Ice, à la patinoire de Malley la semaine passée, l'a transcendé. Mardi 3 février, son fan-club était là. Il y a eu une magie supplémentaire. Elle a illuminé tout son être.»
Cédric Monod va plus loin. «Il est meilleur danseur qu'un vrai danseur, à considérer la précision de ses gestes, la fluidité de ses mouvements.» Ce tango dont on parle est sans doute son meilleur programme. Toutes les notes sont dansées au son d'une glisse rare et parfaite. Le bémol? Le voilà. Il touche la technique. «L'arme de Stéphane, c'était le quadruple. Peut-il s'en passer pour rester compétitif? Oui, au vu de ce qui s'est produit cette saison lors des compétitions - on peut être champion ou monter sur le podium sans quadruple ou en l'escamotant. Non dans la mesure où Stéphane n'est pas un calculateur. Comme il aime le panache, peut-il la jouer tactique, comme on dit?»
Compte tenu du règlement qui interdit les audaces ou qui ne les favorise pas, présenter deux programmes propres équivaut à avoir une grande chance de monter sur un podium. Un quadruple vaut 9,8 points. Une combinaison triple lutz-triple boucle piquée, par exemple, rapporte 10 points. Alors? «Si Stéphane avait participé aux Européens d'Helsinki, il aurait terminé sur le podium. Aux Mondiaux de Los Angeles, il peut être dans les cinq premiers.»
Alors? Même s'il faut présenter trois sauts dans le programme court et une dizaine, compte tenu des combinaisons, dans le long - ce qui implique d'avoir une bonne condition physique -, Stéphane Lambiel peut revenir quand il veut dans le circuit. Le monde du patinage ne peut pas se passer d'un tel plaisir esthétique.
L'union suisse de patinage verrait d'un bon oeil le retour de Stéphane Lambiel en compétition - rappelons que le Valaisan, touché aux adducteurs, avait annoncé son retrait le 16 octobre 2008 parce que son corps lui a dit stop ! - aux Mondiaux de Los Angeles en mars (23-29). Dernier délais pour s'y inscrire, le 2 mars.
L'USP a contacté PEter Grütter. "C'est mon Maître", dit Stéphane Lambiel dernièrement. Le rôle du Genevois? Tenter d'influencer son élève. "Je n'ai pas à faire cela, j'aimerais que ça vienne de lui, qu'il prenne lui-même la décisions". Au sujet de l'éventuel retour de Stéphane Lambiel à la compétition, Peter Grütter dit : "ça ne poserait pas de problème. Simplement, il faut qu'il en ait envie. Pour lui, la compétition passe par certaines envies. J'ai vu Stéphane à Art On Ice. Il a été sublime." POur avoir deux places - chez les hommes comme chez les dames - aux JO de Vancouver, il faut obtenir pas plus de 28 points - tital des rangs au classement - lors des Mondiaux, pour autant qu'une nation présente deux patineurs. Hier, Pewter Grütter a mangé avec Stéphane Lambiel. Un SMS du profeseur fait savoir que Stéphane est heureux dans le monde des galas, que l'info concernant les MOndiaux de Los Angeles est fausse et qu'il ne pense pas à un retour à la compétition.
Reste que des paroles ont été dites et qu'il n'y a pas de fumée sans feu.
[Le Matin; Mercredi 11.02.2009]
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L'article date du début du mois. Si je ne l'ai pas mis plus tôt, c'est parce que je ne sais pas s'il faut se réjouir ou pas. Le retour de Stéphane serait magnifique. Cela redonnerait un peu de vie au patinage masculin. Cependant, je n'y croit pas trop. Même si Stéphane a dit cela, ce qui n'est peut-être pas le cas, il venait de finir Art On Ice. Il a tout réussi, tout ces saut, toutes ces pirouettes... Beacoup d'émotion pour lui. Alors pour moi, s'il a dit qu'il reviendrait en compétition, c'était sur le coup de l'émotion, pendant un momement de joie énorme. Mais il pourrait nous surprendre encore ce petit prince. Alors je dis que nous avons juste à attendre le 2 Mars. Date limite des inscriptions aux Mondiaux. Et on verra à ce moment-là. Mais pour le moment, je ne me fais pas de fausse joie.